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L’armée furieuse de Fred Vargas

Lorsque le roman débute, le commissaire Adamsberg a été appelé pour remplacer un collègue malade. Une affaire banale : il s’agit juste de constater le décès d’une vieille femme. Mais, il est vite intrigué par des miettes de pain. Cette mort ne serait-elle pas un meurtre ?

Il le prouve très rapidement suite à un dialogue savoureux et amusant avec le nouveau veuf. Et voilà le premier chapitre terminé.

Rien à voir donc avec l’enquête qui l’amènera à croiser « l’Armée furieuse. » Rien à voir ? Pas si sûr ! C’est en suivant les miettes qu’il a élucidé le crime et c’est en suivant d’autres miettes, d’autres indices infimes, qu’il devra traquer celui ou ceux qui sèment la terreur à Ordebec, près de Lisieux. Il débarque là-bas à l’appel d’une vieille femme. Sa fille Lina a vu passer l »‘Armée furieuse » dont le mythe remonte au XIe siècle. Elle a eu la vision de ces revenants emportant quatre hommes du village. Quatre criminels en puissance qui ont réussi à échapper à la justice des hommes. Elle n’a pu en identifier que trois avec certitude. Selon la légende, ils devraient mourir dans les trois semaines à venir. D’ailleurs, le premier a déjà disparu. Tout le village est en émoi. Même si personne ne croit à ces superstitions, tout le monde est effrayé. Qui peut être le quatrième homme ? Qui sera la prochaine victime ? Tout le monde a quelque chose à se reprocher donc tout le monde peut être emporté par ces spectres.

Adamsberg va mener l’enquête tout en poursuivant un dossier de la plus haute importance à Paris et en enquêtant sur le compte d’un pigeon.

Trois enquêtes à mener de front, il lui faudra donc, comme le Petit Poucet suivre les miettes de pain (on y revient !) pour ne pas se perdre.

J’ai adoré ce roman que j’ai dévoré. Contente de retrouver Adamsberg et sa bande d’enquêteurs.

J’ai beaucoup aimé Lina et sa famille étrange, cette vieille légende, les atmosphères normandes…

A lire cet été absolument !

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Oscar Wilde et le jeu de la mort

J’adore les romans policiers de chez 10/18 qui mêlent intrigue policière et anecdotes historiques. Parmi mes préférés la série écrite par Gyles Brandreth. Ce spécialiste d’Oscar Wilde nous fait partager ses connaissances sur le dramaturge anglais tout en imaginant une trame narrative crédible.

Dans celui que je viens de dévorer, l’intrigue se déroule en 1892 alors qu’Oscar Wilde vient de connaître un immense succès grâce à sa pièce L’Éventail de Lady Windermere. Malgré ce succès et sa vie mondaine, l’ennui guette parfois Oscar Wilde et, pour se distraire et amuser ses amis, il a fondé un club qui se réunit une fois par mois. Chacun des membres doit y venir avec un invité. Ce qui est dit lors de ses soirées reste secret et chacune de leur rencontre est ponctuée par un jeu inventé par Oscar Wilde. Cette fois, son imagination sans limite a donné naissance au « Jeu de la mort ». Chaque convive doit donc noter sur un papier le nom de la personne qu’il souhaiterait voir disparaître de cette Terre. Tous se prêtent au jeu mais, sur les papiers apparaissent les noms de quelques-uns des membres du club ainsi que celui d’Oscar Wilde et même celui de son épouse Constance. Pire, le lendemain voit la mort de l’un de ceux qui avaient été désignés… Même chose le surlendemain…

Oscar Wilde se met donc en chasse du ou des coupables. Il est aidé par quelques amis célèbres Conan Doyle ou encore Bram Stocker.

Rien de pédant dans cette série. L’auteur sait faire revivre les protagonistes. Il multiplie les détails vrais tout en nous en apprenant davantage sur la vie et l’oeuvre d’Oscar Wilde. J’adore et je compte bien me procurer le troisième opus rapidement !!!

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Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet

Voilà un roman policier peu ordinaire…

Achille Dunot est considéré comme « le meilleur enquêteur de la région ». Son ami, le commissaire Henri Gisquet, lui demande de l’aide dans une enquête concernant la disparition d’une femme, Emilie Brunet. Celle-ci n’a plus donné signe de vie depuis une randonnée avec son amant. Tous les soupçons se portent sur le mari de la victime, Claude Brunet, un brillant neurologue. Ce dernier a été torturé par un policier alors qu’il venait signaler la disparition de son épouse. Depuis, il prétend ne pas se souvenir du jour fatidique. Cette amnésie le rapproche d’Achille Dunot qui, lui aussi, souffre de ce trouble depuis qu’il a été assommé par une anthologie consacrée à l’oeuvre d’Agatha Christie. Ainsi, chaque matin, il se réveille en ayant totalement oublié ce qu’il a fait ou vu la veille. Cette faiblesse le contraint à tout noter dans un cahier que nous avons en notre possession. Nous suivons donc les avancées de Dunot, ses doutes, ses questionnements à travers ces pages qui se présentent sous la forme d’un journal avec ses ratures, ses blancs. Pour se remémorer des visages de ceux qu’il interroge, il utilise des comparaisons avec des personnages des romans d’Agatha Christie. Il cherche souvent à imiter les raisonnements d’Hercule Poirot.

Le dénouement est à l’image du roman : un puzzle qu’il convient au lecteur d’assembler, quitte à devoir relire une partie de l’oeuvre.

Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet est un roman intelligent, hommage au roman policier, à l’oeuvre d’Agatha Christie.