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Le héron de Guernica d’Antoine Choplin

Voilà un roman que l’on dévore d’une traite. Il est court et lorsqu’on l’achève on se dit qu’on aurait aimé suivre le personnage plus longtemps. Mais, en même temps, cette brièveté lui convient parfaitement.

Basilio est un jeune homme plutôt pauvre. Il rend service dans des fermes, loge chez Maria, est amoureux de Célestina. Basilio a surtout une obsession : peindre les hérons qui gîtent dans le marais tout près de Guernica. C’est d’ailleurs là qu’il se trouve lorsque la ville est bombardée. Il vient tout juste de quitter le marché et il essaie de coller au plus près de la réalité dans son dessin : faire en sorte que le héron du papier et celui du marais ne fassent plus qu’un.

Mais comment peindre après ? Une fois que l’on a vu l’horreur, que l’on a perdu ce que l’on aimait, que l’on a touché la mort ?

Comment peindre quand on n’a rien vu ? Basilio ne comprend pas comment Picasso a pu retranscrire sur une toile des événements dont il n’a pas été le témoin direct, lui qui n’a touché l’horreur de Guernica qu’à travers les photos parues dans les journaux.

Ce roman est donc tout à la fois une réflexion sur l’art, sur la vie, sur l’amour. Un roman d’apprentissage également pour le jeune Basilio qui va grandir en quelques instants.

J’ai adoré ce roman qui donne à voir Guernica. Les passages concernant le bombardement font évidemment écho au tableau de Picasso et l’on voit les taureaux, les chevaux, les femmes et les enfants unis dans la même douleur, la même horreur.

J’ai été touchée par Basilio qui ne sait comment dire la perte de l’être aimé mais préfère évoquer une chemise.

Un roman à lire absolument. Sans se précipiter, en savourant chaque mot, jusqu’au moindre battement d’aile d’un héron.

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Des vies d’oiseaux de Véronique Ovaldé

Des inconnus pénètrent dans de riches villas et y font un court séjour pendant que les propriétaires sont en vacances. Ils profitent des lieux mais ne saccagent rien, ne volent rien, si ce n’est la nourriture qu’ils y consomment.

Gustavo Izzara appelle la police suite à l’occupation de sa demeure. Le lieutenant Taïbo est chargé de l’enquête. C’est un policier aux méthodes et à l’allure peu ordinaires. Il noue des liens avec Madame Izzara qui ne supporte plus sa vie, son mari, sa villa. Il lui semble y être enterrée vive.

Au fur et à mesure de son enqête, Taïbo va découvrir le secret de la famille Izzara. Ils ont une fille qui a tout quitté pour vivre une relation aevc un jeune homme qui n’est pas de leur milieu. C’est sans doute elle qui a occupé les lieux durant l’absence de ses parents.

Le roman se construit donc autour de ses couples qui se font et se défont. Du passé qui resurgit et sur lequel il faut construire du neuf.

On retrouve des thèmes qui étaient déjà présents dans Ce que sais de Vera Candida : la maison qui se fissure à l’image de ses propriétaires, l’amour, le couple, la mer, le passé, la liberté…

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai préféré au précédent.

J’ai aimé écouter la petite musique de Véronique Ovaldé et me laisser bercer par se douce mélancolie.