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Le rêve Botticelli de Sophie Chauveau

Ce roman historique permet de découvrir l’oeuvre de Botticelli, sa vie ainsi que l’Italie dans laquelle il a vécu.

Je n’ai pas de connaissances assez précises dans aucun de ces trois domaines pour déterminer si ce qui est dit est juste, vraisemblable. Quoi qu’il en soit, cela a été un vrai plaisir de lecture. Ce roman m’a donné envie de revoir les tableaux du Florentin.

Sophie Chauveau s’est beaucoup documenté et nous trace la vie de Botticelli, grand amoureux des chats, entouré de sa famille-parasite dans un atelier où les commandes affluent. Le peintre est torturé par le doute, la quête de perfection. Quelques instants de bonheur formidable dans sa vie avant que les persécutions de Savonarole ne viennent le blesser physiquement et moralement.

En lisant ce roman, on voit les tableaux se faire sous nos yeux : Le Printemps, la Naissance de Vénus

Une lecture très agréable que j’ai poursuivi avec L’Obsession Vinci. Cette fois, Sophie Chauveau s’attaque à la vie de Léonard de Vinci. On en apprend beaucoup sur ses frasques, ses déboires. Certes, c’est un touche-à-tout génial mais il est dépeint ici comme un homme incapable d’aller au bout d’aucun projet tant il en commence cent à la fois. L’auteur s’attarde énormément sur la sexualité de Vinci mais nous parle trop peu de son travail. J’ai préféré la fin du roman dans laquelle on assiste aux derniers mois du génie en France, entouré de ses fidèles soutiens.

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Tout s’est bien passé d’Emmanuèle Bernheim

Comment qualifier ce texte ? Récit haletant d’une fin de vie ? Je ne sais pas.

Lorsqu’il démarre, on suit son auteur qui court pour rejoindre l’hôpital où son père vient d’être admis après un AVC. Les phrases sont courtes, hachées, à l’image de cette course éperdue pour arriver le plus vite possible. Elle raconte ensuite la convalescence : ce père diminué qui ne supporte pas ce qu’il est devenu, qui réclame de l’aide pour en finir car il ne veut pas de cette vie-là, cette vie qui n’est plus qu’une moitié de vie.

Mais comment faire ? Qui contacter ? En a-t-elle l’envie, le droit ?

On se met alors dans les pas d’Emmanuèle Bernheim, fidèle soutien, courageuse, émue et émouvante. Elle ne tait rien, pas même la lâcheté de certains qui n’hésitent pas à la dénoncer à la police, le courage d’autres qui d’un mot ou d’un geste apportent un soutien.

C’est un récit plein de vie, d’émotion, qui parle de la vie et de la mort. L’un n’allant pas sans l’autre.

Un très, très beau texte.

« Tout s’est bien passé, a dit une voix au téléphone. Alors votre père était de bonne humeur, il a bu sa première potion, et puis la deuxième, il l’a trouvée amère, il a dit qu’il aimait mieux le champagne. Nous avons mis de la musique, un quatuor de Beethoven, et il s’est endormi… »

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Publié chez Gallimard.

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Un léger déplacement de Marie Sizun

Enorme coup de coeur pour ce très beau roman.

Hélène s’appelle désormais Helen. Elle a quitté Paris il y a plus de vingt ans et vit désormais à New York où elle tient une librairie française avec Norman, son époux.

Elle vient à Paris pour régler une affaire de succession : sa belle-mère est décédée et elle est la seule héritière du vieil appartement familial.

Ce retour sur les lieux de son enfance va la plonger dans les souvenirs liés à son père, sa mère, sa belle-mère et aussi son amour de jeunesse. Ce qu’elle considérait comme une blessure va petit à petit être perçu différemment grâce à un « léger déplacement » de point de vue.

Helen et Hélène vont peu à peu se réconcilier. Elle va découvrir que ce qu’elle croyait inamovible ne l’était peut-être pas, que tout être a ses failles, ses secrets et ses blessures.

Une très belle lecture.

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Roman publié chez Arléa.

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Fleur de tonnerre de Jean Teulé

Pour la première fois, Jean Teulé choisit pour personnage principal de son roman une femme. Pas n’importe laquelle : Hélène Jégado. Son nom m’était encore inconnu il y a peu de temps, jusqu’à ce que je la croise par hasard dans une exposition virtuelle consacrée aux femmes. Elle fut la plus grande tueuse en série française. Pas moins de 60 morts à son actif. Homme, femme, enfant, tous ont goûté à ses préparations culinaires empoisonnées.

Jean Teulé nous fait suivre Hélène depuis son enfance bercée par les légendes bretonnes de l’Anjou jusqu’à son exécution à Rennes en 1852.

La médecine de l’époque n’avait pas le diagnostic très sûr. Les dissections étaient souvent refusées par les familles. Tout cela a permis à Hélène d’échapper longtemps à la justice. Passant du statut de pauvre enfant (pensez, elle a perdu sa mère, sa tante, sa cousine…) à celui de cuisinière si attentionnée (elle ne néglige jamais ses maîtres, passant beaucoup de temps à leur chevet pour les alimenter…), à celui de sainte (elle a échappé à la mort dans une maison où tout le monde a succombé ! ). Finalement, elle sera arrêtée et jugée après avoir manqué une de ses victimes.

On suit ses pas dans tous les villages bretons où elle se fait engager. On visite manoirs, presbytères, maisons où elle exerce ses talents aux fourneaux.

Jean Teulé ne néglige aucune tradition bretonne, aucune croyance. Il décrit costumes et paysages et parsème son texte de mots bretons.

C’est peut-être là la faiblesse du roman. Les dialogues entre les personnages tournent souvent davantage à l’exposé de ce qu’il a pu apprendre sur cette époque en Bretagne.

Néanmoins, reste l’envie de connaître le destin d’Hélène Jégado, d’essayer de comprendre pourquoi elle tue ainsi, sans émotion. Le romancier avance une explication à la fin du roman lorsqu’Hélène est isolée dans une cellule. Il y a aussi des images assez drôles comme celle des deux perruquiers normands qui reviennent à chaque étape du périple de la criminelle. D’autres sont plus poétiques : Jean Teulé transformant Hélène en jolie sirène au début du roman.

 

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Roman publié chez Julliard.

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Le roi des oiseaux de Gwendal Le Bec

Tous les oiseaux sont réunis pour désigner celui qui sera le roi. Pour les départager, il faut bien choisir un critère. Malgré le souhait des dodos, la taille du bec n’entrera pas en ligne de compte. Non, sera roi celui qui volera le plus près du soleil.

La course commence. Certains abandonnent très vite, plus habitués à voleter d’arbre en arbre qu’aux grandes migrations. D’autres, tenaillés par la faim, préfèrent renoncer au titre.

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Je ne dévoile pas la chute qui est très jolie et qui prouve que ce n’est pas la taille ou la force qui permet de vaincre mais que, parfois, la ruse suffit. Mieux vaut préserver ses forces pour remporter une victoire.

Les dessins sont tous en noir, blanc et orange. Les oiseaux sont fuselés pour mieux mettre en valeur la vitesse de leur vol. le format de l’album permet d’apprécier ces illustrations et de découvrir quantité d’oiseaux.

Un coup de coeur ici.

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Album publié chez Albin Michel Jeunesse.

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La comtesse de Ricotta de Milena Agus

3 soeurs vivent au sein de l’ancien palais familial au coeur de la Sardaigne. Des fastes d’antan, il reste peu de choses : de la vaisselle, quelques meubles, une jolie façade, des souvenirs. Le palais a été vendu progressivement et les 3 aristocrates déchues vivent entourées de voisins dont on saura peu de choses au cours de la lecture. Elles semblent isolées du monde, peu faites pour lui.

Noémie est avocate et essaie de préserver le palais. Elle a un rêve, racheter progressivement les appartements qui ont été vendus. Elle a « un raisonnement systémique » selon ses termes, capable de prévoir les conséquences, d’établir des plans et des projets. Elle est raisonnable au sein de son appartement-musée.

Maddalena, elle, est magnifique. Son seul et unique voeu : avoir un enfant. Et, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle fait tout pour y parvenir.

La comtesse de Ricotta, la plus jeune, a le coeur sur la main depuis qu’elle est enfant. « On l’appelle ainsi car elle est maladroite, des mains de ricotta et, parce que la réalité entière blesse son cœur fragile, un cœur de ricotta, lui aussi ». Maladroite, elle enchaîne les remplacements d’institutrice sans jamais en achever un tant elle est inadaptée eu monde. Son fils est la risée des enfants du quartier. On le prend pour un idiot pourtant, il cahe un don exceptionnel.

Leur petit monde va se trouver perturbé par l’arrivée de leur ancienne gouvernante. Celle-ci leur conseillera de faire appel à son neveu pour restaurer la façade de leur demeure. Noémi sera chamboulée par cet homme qui lui fera ouvrir son musée et son coeur.

Un voisin charmant prendra soin du petit garçon de la comtesse de Ricotta qui, peu à peu, se fera un peu plus à la vie en la voyant sous un nouvel angle.

Au milieu de tout cela, une diseuse de bonne aventure, le soleil de la Sardaigne, la plage…

Une très jolie lecture pour l’été.

agusRoman publié chez Liana Levi.

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La Pendue de Londres de Didier Decoin

Pas de suspense quand on ouvre ce roman, on sait que Ruth Ellis sera condamnée à la pendaison pour avoir abattu son amant.

Non, l’intérêt du roman de Decoin repose sur sa construction. Il alterne els chapitres consacrés à Ruth et ceux consacrés à Albert Pierrepoint, exécuteur officiel au Royaume-Uni.

Il nous fait remonter à l’enfance de Ruth. Déjà très belle, elle est abusée par son père. Délaissée par un soldat canadien alors qu’elle est enceinte, elle fera tout pour élever dignement son petit garçon. Ouvrière dans une usine d’armement pendant la guerre, elle deviendra ensuite hôtesse dans un bar, n’hésitant pas à vendre ses charmes. Ruth aime le luxe, les paillettes, le parfum français, l’argent et les hommes qui le lui rendent bien mal. Elle est battue par son mari, son amant. Elle reste fière et courageuse jusqu’aux coups de trop qui la conduiront au pire.

Albert Pierrepoint mène une vie bien réglée. Il cache sa fonction d’exécuteur à sa femme et accomplit cette tâche avec dignité, rapidité afin d’éviter toute souffrance inutile aux condamnés. Lorsque le roman débute, on le suit en Allemagne où il est chargé de pendre 13 criminels nazis.

Ruth et Albert se rencontreront à deux reprises. Elle changera sa vie. En fait Ruth changera bien des vies car son cas amènera le Royaume-Uni à revoir sa position sur la peine de mort.

C’est un roman captivant. J’ai aimé ces personnages inspirés d’êtres réels, les thèmes abordés. On est forcément amené à s’interroger : qui est victime? qui est bourreau ?

Un roman à lire.

la-pendue-de-londres

Roman publié chez Grasset.