Fleur de tonnerre de Jean Teulé

Pour la première fois, Jean Teulé choisit pour personnage principal de son roman une femme. Pas n’importe laquelle : Hélène Jégado. Son nom m’était encore inconnu il y a peu de temps, jusqu’à ce que je la croise par hasard dans une exposition virtuelle consacrée aux femmes. Elle fut la plus grande tueuse en série française. Pas moins de 60 morts à son actif. Homme, femme, enfant, tous ont goûté à ses préparations culinaires empoisonnées.

Jean Teulé nous fait suivre Hélène depuis son enfance bercée par les légendes bretonnes de l’Anjou jusqu’à son exécution à Rennes en 1852.

La médecine de l’époque n’avait pas le diagnostic très sûr. Les dissections étaient souvent refusées par les familles. Tout cela a permis à Hélène d’échapper longtemps à la justice. Passant du statut de pauvre enfant (pensez, elle a perdu sa mère, sa tante, sa cousine…) à celui de cuisinière si attentionnée (elle ne néglige jamais ses maîtres, passant beaucoup de temps à leur chevet pour les alimenter…), à celui de sainte (elle a échappé à la mort dans une maison où tout le monde a succombé ! ). Finalement, elle sera arrêtée et jugée après avoir manqué une de ses victimes.

On suit ses pas dans tous les villages bretons où elle se fait engager. On visite manoirs, presbytères, maisons où elle exerce ses talents aux fourneaux.

Jean Teulé ne néglige aucune tradition bretonne, aucune croyance. Il décrit costumes et paysages et parsème son texte de mots bretons.

C’est peut-être là la faiblesse du roman. Les dialogues entre les personnages tournent souvent davantage à l’exposé de ce qu’il a pu apprendre sur cette époque en Bretagne.

Néanmoins, reste l’envie de connaître le destin d’Hélène Jégado, d’essayer de comprendre pourquoi elle tue ainsi, sans émotion. Le romancier avance une explication à la fin du roman lorsqu’Hélène est isolée dans une cellule. Il y a aussi des images assez drôles comme celle des deux perruquiers normands qui reviennent à chaque étape du périple de la criminelle. D’autres sont plus poétiques : Jean Teulé transformant Hélène en jolie sirène au début du roman.

 

jégado

Roman publié chez Julliard.

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