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Cherche et trouve Mini-loup

Pour les vacances venteuses et pluvieuses, voilà l’album idéal !

Loulou l’a déjà depuis quelques temps mais, il l’aime toujours autant.

Le principe est simple, une double page très animée sur laquelle Mini-loup et ses amis partagent de multiples activités. On les retrouve ainsi  à l’école, au bord de la mer, en Egypte, au ski, au temps des dinosaures, dans un défilé d’Halloween… Un encart sur la page de gauche précise ce qu’il convient de chercher dans le dessin : 3 tortues, une souris, une girafe, etc. Il y a environ 8 défis par double page.

Les illustrations sont drôles, les personnages amusants, les couleurs vives. Il faut un bon sens de l’observation. En plus, l’album permet de commencer à apprendre à compter tout en jouant !

Pour observer, jouer, inventer des histoires… un album qui a tout bon !

Album publié chez Hachette.

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Parenthèse

Leil a choisi cette photo cette semaine et ça m’a fait penser à ça :

Non, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. Dans le métro, on ne passe pas son temps à se regarder. On s’occupe. Chacun à sa manière. Sudoku, téléphone, livre. Au bout d’un petit moment, c’est vrai que je l’ai regardé, lui. Je me suis dit qu’avec l’étui de son instrument, il devait être sacrément embêté aux heures de pointe. A la station suivante, il y a eu deux ou trois autres musiciens qui sont montés. En y repensant,  c’était étrange mais, bon, c’est peut-être la ligne du Conservatoire.

Moi, je ne sais même pas où il est le Conservatoire dans cette ville. J’ai autre chose à penser chaque jour. Etre à l’heure pour mon train. Ne pas rater le bus. Arriver avant tout le monde dans les bureaux pour que tout soit prêt quand ils débarquent, si pressés qu’ils ne me voient même pas. Me montrer discrète toute la journée. Tout ça en pensant que le soir, je dois me dépêcher pour pouvoir retrouver les enfants sans trop de retard et libérer la baby-sitter, réfléchir à ce qu’il reste dans les placards parce qu’on est le 20 du mois et qu’à part des pâtes…

Mais, ce jour-là, le trajet, je ne l’ai pas vu passer. Ca a été un moment fantastique, pris au temps, en dehors du temps. Quand ça s’est arrêté, j’ai pensé que j’avais rêvé.C’était si beau. C’était juste comme ça pour nous faire plaisir. Nous faire un cadeau. Gratuitement. En échange de rien. Ca nous faisait plaisir à nous mais, ça se voyait qu’eux aussi ils étaient heureux.

Le lendemain, dans la rame, on a été plusieurs à se regarder et se sourire. On l’avait vécu, pour de vrai. Je crois que secrètement, on espérait que ça recommence. C’est comme ça qu’on a commencé à se parler avec Simon et Jeanne. Eux aussi ils avaient été là ce fameux jour. On n’a rien d’autre en commun et pourtant, maintenant, chaque matin, on se parle. Le trajet, chaque jour, est plus court, moins triste.

Le Conservatoire ? Non, je ne sais toujours pas où il est. Mais, c’est pas ça le plus important.

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Pour seul cortège, Laurent Gaudé

J’aime les romans de Laurent Gaudé. Pourtant, j’ai peiné à rentrer dans celui-ci.

Alexandre le Grand va mourir. Il appelle près de lui divers personnages pour poursuivre, par-delà la mort, sa soif de conquête et de découverte.

Le roman est résumé. Je ne me suis pas attaché aux personnages d’Alexandre mais à celui d’une femme convoquée près de lui pour un rôle bien précis. J’ai trouvé que la véritable grandeur était incarnée par cette figure féminine, prête à tout par fidélité, amour. Laurent Gaudé utilise d’ailleurs une très belle image, vers la fin de l’oeuvre pour matérialiser l’ultime sacrifice de cette femme. Lorsqu’elle est apparue, je suis entrée un peu plus dans l’oeuvre et j’ai aimé suivre son cheminement.

A côté de cela, on retrouve les thèmes de la quête du dernier tombeau, du voyage, du sacrifice qui avaient fait le charme de La Mort du Roi Tsongor.

Il ne faut absolument pas chercher à lire un roman historique. L’apparition d’un cavalier sans tête situant davantage le roman du côté du fantastique, de la folie.

Bref, me reste une impression de lecture mitigée. Comme si à vouloir renouer avec la magie et le souffle épique de La Mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé s’était un peu perdu.

Roman publié chez Actes Sud.

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Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

Au début du XXème siècle, des Japonaises quittent leur pays pour les Etats Unis. Là, des hommes qu’elles n’ont jamais vu, les attendent. Elles n’ont d’eux qu’une photo et une lettre. Ils s’y présentent à leur avantage et, bien sûr, elles rêvent de la belle vie qu’ils ne manqueront pas de leur offrir.

A l’arrivée, le choc est brutal. Ils sont bien souvent employés dans des exploitations agricoles. La photo expédiée datait de plusieurs années…

Ces femmes se retrouvent alors « esclave », travaillant la terre, femmes de ménage dans de petits h^tels, domestiques dans de riches maisons. Dans le pire des cas, elles deviendront prostituées. Le mari tant rêvé est souvent un rustre, incapable de les aider à s’intégrer, à se familiariser avec une nouvelle langue, de nouvelles coutumes.

Dans ce roman, on ne suit pas une femme, on ne s’attache pas à un personnage. L’auteur nous fait écouter un choeur. Ecrit à la première personne du pluriel, le texte nous fait suivre ces femmes qui n’ont pas voix au chapitre, ces femmes à qui l’on fait changer de nom ou dont on ne peut prononcer le nom. Il y a alors une succession de « nous », qui loin de dérouter, nous laisse embrasser l’ensemble des situations qu’elles ont pu vivre. Si certaines ont vécu l’enfer, d’autres ont réussi à se construire un petit paradis.

On découvre aussi que Pearl Harbor modifie la donne et pousse les Américains à se méfier des Japonais quels qu’il soit. Cela donne un très beau chapitre où l’on voit disparaître une à une ces femmes, leurs enfants, les traces de leur vie.

Un très beau roman.

Roman publié chez Phébus.

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Deux

J’aime beaucoup la photo choisie par Leil cette semaine.

– « Tu as vu Maman, ça a bougé ! Y a un gros poisson j’suis sûr !

– Oui, mais, arrête de crier comme ça si tu veux qu’on le mange ce soir. »

Elle lui sourit. Ils étaient beaux tous les deux. Assis côte à côte devant la rivière. Paul avait toujours été le plus rapide. Premier né. Premier à marcher, à parler. Sans doute le premier à pêcher aujourd’hui !

Elle les aimait tant l’un et l’autre. Par leurs ressemblances, si évidentes et par leurs différences, plus subtiles. Il fallait bien les connaître pour distinguer Paul de son frère Lucas. Mais, elle après avoir passé neuf mois à les porter, les écouter, leur parler, elle était capable de savoir qui elle avait en face d’elle dans la seconde. Pourtant, ils ne lui rendaient pas la chose évidente. Inséparables comme il l’étaient, ils étaient toujours deux face à elle. Au réveil le matin, ils étaient deux dans l’encadrement de la porte de la cuisine. Deux encore quand il fallait se dépêcher dans la salle de bains. Deux à se précipiter dans la voiture et à courir dans la cour de récréation. Deux à l’attendre le soir devant le portail de l’école.

Pourtant, c’était toujours Paul que les gens remarquaient. Sans doute parce qu’il était moins timide, plus loquace. Toujours ouvert sur les autres, le monde, curieux de tout. On ne lui parlait toujours que de lui. Lucas avait aussi ses côtés attachants mais sa discrétion le laissait en retrait et, bien souvent, il passait inaperçu. A bien y réfléchir, on ne lui parlait jamais des jumeaux mais toujours de Paul.

– « Maman, je crois qu’il est rentré chez lui le poisson. On fait pareil ?

– D’accord mon grand. Tu ranges ta canne à pêche et on y va. »

Le petit garçon prit son tee-shirt posé au sol, l’enfila. Il agrippa le morceau de bois qui lui tenait lieu de canne à pêche. D’un bond, il fut à côté d’elle et lui prit la main. Elle l’embrassa doucement sur le front et ils se mirent en marche sa petite main gauche dans sa main à droite.

Machinalement, elle laissa pendre sa main gauche comme si elle tenait la main d’un autre enfant. Elle avait toujours ce geste inconscient. Depuis 5 ans, elle promenait deux enfants, en surveillait deux, en choyait deux, en aimait deux. Peu importe que Lucas ne lui parle pas. Il souriait. Il était beau à l’image de son frère. Peu importe que son mari, sa mère, ses médecins lui disent que c’était normal d’être ainsi perturbée : on ne donne pas la vie et la mort le même jour sans conséquence.

Les jumeaux l’avaient habitée neuf mois à deux, ils continuaient à vivre en elle à deux.

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Bon appétit Max !

Voilà le nouveau chouchou de nos lectures du soir. Si vous aimez faire la cuisine, cet album est pour vous !

Max le lapin en a assez des carottes : il est bien décidé à diversifier son alimentation.

Du coup, direction le marché où il va découvrir plein de nouveaux légumes. Il passera ensuite un peu de temps à mitonner tout cela pour inviter tous ses amis.

D’ailleurs, ceux-ci sont déjà là, cachés derrière la porte ou la fenêtre, alléchés par les bonnes odeurs.

Une fois le festin achevé, on frappe à la porte. Un invité mystère ? Non, c’est le petit rat qui a décidé de remercier Max en lui offrant le dessert : un gâteau à la carotte !

Des volets à soulever, une roue à tourner, des couleurs sympas, les jolis dessins d’Alain Chiche que nous aimons beaucoup.

Un très chouette album !

Album publié chez Casterman.