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Je veux pas aller à l’école

Les vacances approchent à grands pas mais cela veut dire aussi que lorsqu’elles s’achèveront, Loulou fera sa première rentrée !

Il nous faut donc préparer le terrain et voilà l’album idéal.

Simon doit aller à l’école pour la première fois. Son papa et sa maman lui affirment que cela est formidable et que cela prouve qu’il est un grand désormais. A toutes leurs remarques et à tous leurs encouragements Simon n’a qu’une réponse : « Ca va pas non ! »

Finalement, il est bien obligé d’y aller. Après un timide « ça va pas non » murmuré à la maîtresse, il découvre les joies de la maternelle.

Tout lui plaît tellement que lorsque sa maman paraît à 16 h30 et lui dit qu’ils vont rentrer ensemble à la maison, Simon affirme : « Ca va pas non ! ».

Un petit album rigolo pour devenir grand.

Album publié à L’École des loisirs.

 

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Bac philo

Leil a choisi cette photo cette semaine.

Elle avait déjà sorti ses fiches bristol de son sac lorsque je suis entrée dans la rame. Dernières révisions avant la philo. Ca m’a fait sourire et ramenée quelques années en arrière. Je m’étais fait une montagne de cette épreuve et des suivantes. J’avais pleuré toute la journée des résultats, certaine de ne pas l’avoir. Finalement, on avait fait couler le champagne ce soir-là. Bac avec mention. L’avenir s’ouvrait devant moi. J’avais tous les choix.

J’avais envie de lui dire cela. Ce n’était pas si grave, ce n’était rien. Qu’elle arrête de réviser : il était trop tard pour cela. De toute façon, elle avait une mine sérieuse. Ses ongles rongés jusqu’au sang indiquaient à quel point elle était consciencieuse. Elle parlait à voix basse, récitant le contenu de ces fiches noircies d’une écriture fine, serrée. Dans une heure, elle aurait son sujet et je l’imaginais déjà grignotant son stylo avant de remplir consciencieusement une copie puis une deuxième.

Elle a commencé à ranger ses papiers dans son grand sac. Elle tremblait un peu. Je lui ai souri et j’ai croisé les doigts en l’air. Elle a répondu timidement à mon sourire, a murmuré un merci. Elle s’est levée.

C’est à ce moment-là que j’ai vu son ventre déjà rond.

Machinalement, j’ai alors croisé une nouvelle fois les doigts. De mes deux mains. Elle n’a pas vu ce geste : elle était déjà sur le quai.

Si jeune et bientôt mère… Sa route serait sans nul doute plus compliquée que la mienne.

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C’est mon papa !

Anna, une petite renarde très mignonne, est très joyeuse ce soir. Elle a une envie : inviter son copain Jules à la maison. Elle est certaine que sa maman va accepter.

Pourtant, celle-ci refuse.

Alors, Anna se met à ignorer sa maman. Ce soir, elle fera tout avec papa…

Tout ? Pas si sûr !

Même si c’est la fête des papas, c’est quand même bien quand maman n’est pas loin !

Album publié à L’Ecole des loisirs.

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Je vais l’ouvrir tout seul

Petit Gorille a trouvé une noix de coco et il est bien décidé à la déguster. Mais, comment l’ouvrir ?

Papa Gorille propose son aide grâce à ses grosses pattes. Non ! Petit Gorille est bien décidé à se débrouiller seul.

Un à un tous les animaux de la savane vont lui proposer de l’aide et, à chaque fois, petit Gorille refusera.

Malgré tout, il écoute leurs conseils et on peut constater à chaque page qu’il essaie seul la tactique proposée par l’animal de la page précédente.

Finalement, petit Gorille combinera toutes les astuces qui lui auront été données et il parviendra, seul, à ouvrir cette fameuse noix de coco.

De magnifiques dessins de grand format. Un texte basé sur les refrains. Un album qui aiguise l’observation.

Enorme coup de coeur !

Album publié chez Tourbillon.

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Photos de famille

Au zoo, les pingouins ont toujours les mêmes activités : manger, dormir, regarder les visiteurs…

Un jour, une petite fille laisse tomber par mégarde son appareil photos dans leur enclos.

Qu’est-ce que c’est ? Chaque pingouin y a va de sa supposition jusqu’à ce que petit Pingouin s’en empare et montre son fonctionnement aux autres.

Dès lors, ils veulent tous prendre la pose. Il y a ceux qui font des grimaces, ceux qui tentent des cascades, ceux qui posent sagement.

Brusquement, plus rien. Petit pingouin décide alors de le remettre là où ils l’ont trouvé comme si de rien n’était.

Le soir, un gardien le récupère et le dépose aux objets trouvés.

Bien sûr, la petite fille y passera et fera développer les photos.

Là, une surprise vous attend : une enveloppe cachetée ! Il conviendra de l’ouvrir pour trouver les photos farfelues des pingouins.

Loulou adore l’album et, ce qu’il préfère c’est le moment où il peut ouvrir l’enveloppe et rire devant ces drôles de clichés !

Un album très, très chouette.

Album publié chez Gründ.

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Retour aux sources

Vu le temps qu’il fait en ce mois de juin, la photo choisie par Leil était de saison !

– Alors, c’est fini ?

– On dirait bien.

-Ca a été vite.

– Oui, c’est assez étrange… Tu signes un papier et voilà !

– C’est drôle, ça me donne l’impression que ça va mieux.

– Oui. Tu as raison. Pour moi, c’est pareil. Un poids en moins.

– Sympa de parler de moi comme d’un poids !

– Arrête de plaisanter. Tu m’as très bien comprise.

– Oui. Dis, c’était vraiment si difficile ces derniers temps ?

– Difficile n’est pas vraiment le terme. On peut dire que c’était moins léger. J’avais peur de ce que je disais, peur de ce que je faisais. Peur de te heurter sans doute.

– Mais, tu faisais tout très bien. Tu as toujours été là même quand j’étais odieux.

-…

– Tu ne dis rien ?

– Non. Je crois que c’était ça le problème : on ne se disait pas les choses. En fait, si j’avais pu ne pas avoir une aussi bonne mémoire tout aurait été plus simple. J’aurais oublié ces dernières années et je serais allée de l’avant avec toi. Comme si de rien n’était.

– Et maintenant, tu vas faire quoi ?

– Je en sais pas. Tu sais, j’ai posé mes cartons hier simplement. Je dois les déballer, ranger…

– Et si on fêtait ça ? Je t’invite. Après tout, on a toujours essayé de fêter les petits bonheurs.

– C’est vrai, c’est quelque chose qu’on n’a jamais oublié. C’était bien.

– Alors, je t’invite au resto et Champagne ! On va fêter notre divorce !

– C’est drôle : il fait le même temps que pour notre mariage…

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La mécanique… du coeur

Leil a déménagé et a choisi la photo d’un lieu pour mieux s’ancrer.

Cette photo ? C’est tout ce qui me reste de lui. Il rêvait de l’acheter cette péniche et la portait contre son coeur. Dans la poche de sa chemise l’hiver, bien au chaud sous son pull. Dans la poche de sa chemisette l’été. Jamais il n’oubliait de la retirer de sa cachette avant le lavage. Je n’ose imaginer ce qui serait arrivé si la machine à laver de ma mère l’avait réduite en miettes. Je pense qu’il aurait tué quelqu’un ! Non, je plaisante. Je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi doux, attentionné, attentif à ceux qu’il aimait, à ceux qui l’entouraient. Jamais un mot plus haut que l’autre. Toujours un sourire même quand celui d’en face ne le méritait pas.

Il avait travaillé dur toute sa vie, élevé seul ses six enfants. A l’heure de la retraite, il avait continué à les aider en s’occupant de nous, ses petits enfants. Il était mécanicien. Un bon. Un de ceux qui faisaient faire des kilomètres aux clients rien que pour qu’il jette un oeil sur le moteur de leur voiture. Lui et pas un autre. Même son patron était jaloux. A l’oreille, il savait deviner où était le problème et jamais il ne se trompait. S’il avait pu faire des études et développer ce don dans la médecine ou la chirurgie, il aurait fait des miracles et, probablement, fortune. Mais il est resté toujours un simple mécanicien. Avec un rêve caché dans la poche.

Il avait imaginé ouvrir un restaurant autrefois avec ma grand-mère. Un restaurant sur une péniche avec des concerts, des bals. Quand il était arrivé d’Algérie, il avait dû laisser ce rêve de côté. Il fallait d’abord s’installer. Puis le temps a passé, les enfants sont venus, grand-mère est partie. Il a fallu laissé le rêve dans la poche avec, parfois, le mouchoir par-dessus. Il n’empêche, je l’ai vu, quand il pensait que personne ne le regardait, sortir cette photo de sa poche et sourire. J’étais petite quand il me l’a montrée la première fois. Il m’a dit que c’était un endroit où grand-mère et lui allaient autrefois, il y a très longtemps. Il ne m’en a plus jamais reparlé. Quand j’ai vu cette photo la deuxième fois, c’était à l’hôpital, le jour de sa mort. Quand on lui a retiré son pyjama pour qu’il soit habillé par le personnel, elle est tombée cette photo un peu jaunie, un peu racornie et j’ai pleuré. C’était son rêve et bien plus que cela. C’était son passé, sa jeunesse. C’était grand-mère et leur amour.

J’aurais aimé y aller un jour avec lui. J’ai cherché. Elle existe toujours cette péniche. Elle a eu de multiples propriétaires. Elle a été souvent en vente. Il est toujours allé se renseigner. Un sourire aux lèvres. Un gentil monsieur m’a-t-on dit.

C’était mon grand-père. Je l’aimais.