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Roule ! Roule !

Voilà l’album qui combine les deux passions de Loulou : les animaux et les véhicules.

Chaque page présente un rabat qui cache un véhicule transportant des rhinocéros dans les positions les plus improbables. Tous les moyens de locomotion y passent : vélo, tracteur, camion, pédalo… A la gauche du rabat une expression qui présente la position des rhinocéros : les yeux ouverts ou les yeux caches, à l’avant ou à l’arrière, assis ou debout…

Mais où vont-ils donc ?

La dernière double page le présente en se déployant totalement : sur une grande roue. Le refrain présent à chaque page, « roule ! roule ! », se change alors en « tourne ! tourne ! ».

Des couleurs vives qui n’ont pu qu’attirer Loulou à la librairie. Les dessins rigolos de Mathieu Maudet qu’on adore… Tout bon !!!

Album édité à L’Ecole des loisirs.

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Barbare

Barbare

Emplois figurés et affectifs

A.− Péjoratif

1. (Celui) qui n’est pas encore ou n’est plus civilisé, qui appartient à un niveau inférieur d’humanité.

2. (Celui) qui est cruel, sans humanité. Exécution, folie, fureur, torture barbare. Synonyme : brutal, criminel, dur, farouche, impitoyable, inflexible, monstrueux, sanguinaire, sauvage.

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La maison de Miss Tigri et de Coco l’oiseau

Pas de texte dans cet album mais une porte ouverte à l’imagination.

On ouvre le livre, on peut le garder ouvert grâce à un système de fixation ingénieux.Se déploie alors une rue bordée de nombreux commerces. De l’autre côté, on découvre la maison de Miss Tigri et son jardin.

Miss Tigri est aimantée et peut-être habillée de nombreux vêtements. Elle a de multiples accessoires (livres, courrier, assiettes, théière…) en carton et un ami : Coco l’oiseau.

Dans sa maison, une table pop-up, un miroir, une fenêtre où l’on peut faire apparaître le soleil ou la pluie grâce à une tirette. La porte s’ouvre et permet de gagner le jardin où, le ciel magnétique peut-être décoré d’un soleil, de nuages, d’un arc-en-ciel, d’oiseaux, paillons et abeille. La piscine peut devenir un bac à sable et permet de ranger tous les accessoires.

Côté rue, on peut faire circuler la voiture et modifier la couleur du feu tricolore.

Evidemment, les accessoires en carton sont fragiles mais, tout est très bien conçu, tient debout tout seul et, une fois replie, le livre ne tient pas plus de place que les autres albums.

On aime beaucoup !

Album publié chez Albin Michel jeunesse.

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Version framboise

Aujourd’hui, nous avons testé la version framboise du fameux muffin. Pas mal !

Ingrédients :

  • 250 g de farine (ma préférée : petit épeautre)
  • 100 g de sucre
  • 125 g de beurre
  • 20 cl de lait
  • 1 sachet de levure
  • 1 oeuf entier
  • 1 pincée de sel
  • 250 g de framboises (j’ai acheté des framboises surgelées).

Recette :

  • Préchauffer le four à 180°.
  • Mélanger farine, sucre, levure, oeuf, lait et sel dans un saladier.
  • Pendant ce temps dans une casserole faire fondre le beurre.
  • Quand le beurre est fondu, le verser dans le saladier.
  • Mélanger.
  • Décongeler les framboises au micro-ondes.
  • Les ajouter dans le saladier.
  • Mélanger.
  • Placer le mélange dans les moules à muffin.
  • Enfourner pendant 20 mn.

C’est prêt !

 

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No future

Leil a choisi cette photo cette semaine.

Dans 1 heure, c’est à moi. Je ne sais plus rien… Pas possible. Le trou noir. Tout ce que j’ai pu ingurgiter toutes ces années, ces derniers mois… Tout ça pour ça…. je suis cuit. C’est fichu ! Je vais me retrouver à faire la plonge ou à servir des frites… Je vais continuer mes petits boulots d’étudiant ad vitam aeternam. Maman avait raison. Je ne suis qu’un bon à rien.

Non, je vais lui prouver justement que je peux faire quelque chose. Je vais y arriver. Je vais prendre ma vie en main. Je n’ai pas fait tout ça pour rien.

J’en étais où ? Le Nouveau Roman. Robbe-Grillet, Sarraute… Ouais, ça va, je maîtrise le concept, à défaut d’aimer. Vaudrait mieux pas que je tombe là-dessus parce que s’ils creusent un peu… J’ai jamais pu dépasser les 15 premières pages ! Décrire une terrasse en long et en large…Pas mon truc.

Allez, Thomas concentre-toi ! On te demande pas ton avis, on te demande des connaissances…

Tu parles, tout ça pour quoi ? Enseigner à des petits boutonneux qui n’en auront rien à faire. Préparer à des examens qui ne changeront ni leur vie, ni la mienne. Me coltiner les parents qui délèguent l’éducation de leurs chers petits…

Stop ! T’as pas fait tout ça pour rien quand même ! Allez, un peu de courage.

Plus que 50 minutes…

La motivation, elle n’est pas là, tu le sais bien. Le but, c’est de suivre Amélie. Elle elle va l’avoir c’est sûr. Un cursus brillant. Son concours, c’est tout juste si elle a eu besoin de le bosser. Elle sait tout sur tout avec une facilité déconcertante. Une tête bien pleine mais surtout bien faite. Elle m’a jamais remarque. Peut-être que si je l’ai mon concours, peut-être qu’elle me remarquera. On pourra partager nos angoisses de débutants.

Je le mets où Céline ? Inclassable ! Oui, je répondrai ça : Inclassable… pas mal !

 

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A trois on a moins froid

Voilà une très belle histoire pour apprendre le partage et découvrir un peu plus l’amitié.

Kipik, le hérisson, a très froid. Son chauffage est tombé en panne. Il se rend donc chez Casse-noisette l’écureuil. Il ne manquera pas de l’inviter pour se réchauffer. Malheureusement, lui aussi subit une avarie de son radiateur. Mais, qu’importe, en se serrant l’un contre l’autre, ils devraient réussir à se réchauffer ! Cependant, rien n’est simple car, dès que Kipik se met en boule pour dormir, le pauvre Casse-noisette souffre…

En pleine nuit, les deux amis se rendent donc chez Touffu, le lapin angora. Celui-ci accepte de les recevoir mais, il les prévient : chez lui, pas de chauffage car ses poils sont si longs qu’il n’a jamais froid !

Les deux amis sont un peu dépités, ils expliquent leur problème au lapin : il leur est impossible de se blottir l’un contre l’autre, cela fait bien trop mal.

Touffu a alors une bonne idée : il se mettra entre le hérisson et l’écureuil. Grâce à ses longs poils, il ne sentira pas les piquants du hérisson et ainsi, tous trois auront bien chaud.

Les dessins sont d’une grande douceur, à l’image de ces trois amis très attachants.

Album publié à L’École des loisirs.

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Juste un petit bout !

Un joli album pour accompagner la fin de l’hiver.

Il fait froid, il neige. Le petit oiseau est frigorifié et demande à la poule de lui prêter un morceau de son écharpe. Collés l’un à l’autre, ils ont moins froid.

Arrive le lapin qui, lui aussi, est gelé. Heureusement, il reste un autre bout à l’écharpe. Les trois amis se blottissent l’un contre l’autre, bien au chaud dans la grande écharpe.

Survient alors le renard qui aimerait aussi se réchauffer. Les animaux se méfient… l’écharpe ne peut plus accueillir personne, c’est sûr.

Pourtant, la poule prend pitié de lui et l’invite. Le renard, très content leur fait alors un gros câlin comme un vrai copain !

Très joli album. On a plaisir à retrouver les dessins et personnages d’Émile Jadoul que nous avions beaucoup aimés dans Ma Maison.

Album publié à L’École des Loisirs.

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Samba pour la France de Delphine Coulin

Voilà un roman magnifique.

Samba débarque en France plein d’espoir. La patrie des droits de l’homme l’accueillera sûrement à bras ouverts, lui permettra de réaliser ses rêves, d’aider les siens restés au pays. Lui qui parle français depuis toujours, qui a obtenu son bac, comment pourrait-il échouer dans cet Eldorado ?

Après 10 ans passés sur le territoire, Samba va à la préfecture et y est arrêté. Lui qui vit honnêtement, qui paie ses impôts, qui sait se montrer discret et travailleur, il est traité alors comme un moins que rien.

A l’aide de bénévoles, il est libéré mais, rien n’est gagné. Il lui faudra chaque jour faire preuve de ruse, de mensonge pour échapper à ce qui l’attend : un retour forcé au pays.

Delphine Coulin peint admirablement la vie de ces hommes et ces femmes qui se battent pour rester sur un territoire qui ne veut pas d’eux, une France « rassise » comme le dit l’oncle de Samba. Tous ces personnages sont emplis de rêves qu’ils devront peu à peu délaisser, perdre pour tenter d’avancer. Elle dit aussi la violence, les viols, les persécutions, la misère que ces hommes et ces femmes ont connus dans leur pays d’origine. Elle ne tait rien des crimes commis par certains passeurs. Elle met en lumière ceux qui doivent se taire, travailler la nuit, dans l’ombre pour que tout fonctionne autour d’eux mais pas pour eux.

Ce roman est à lire absolument.

« Lorsqu’il avait été enfin seul, et libre, en descendant de l’autocar qui l’avait emmené du sud de l’Espagne au nord de la France, Samba avait regardé autour de lui et c’était la France, c’était Paris, alors il avait marché, marché le long des bâtiments du passé. Ses chaussures étaient minables et trouées, mais le ciel était jaune, les murs brillaient dans la lumière du soleil qui tombait, et il était au centre du monde. Il savait que cela ne durerait peut-être pas, mais il était heureux d’être là, et cela rendait ces minutes encore plus précieuses.

Dix ans plus tard, il était toujours ébloui par la lumière des quais.

Même derrière les barreaux, même les menottes aux poignets, il aimait la France.

C’était un patriote. »

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« vent printanier »

La photo choisie par Leil cette semaine était magnifique.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Comment aurais-je pu oublier son regard ? Elle faisait confiance à ces adultes qui l’entouraient. Comment aurait-on pu vouloir lui faire du mal ? On lui avait appris à dire bonjour aux voisins, à remercier, à être discrète, sage. Son regard disait tout cela. Une confiance absolue en ces règles. Elle avait cet air doux et réservé qu’ont les petites filles sages. Certes, la situation devait l’effrayer un peu. Elle avait été tirée très tôt de son lit. Trop tôt pour une petite fille de cet âge. Mais sa maman était là et son papa aussi. Elle les regardait souvent pour se rassurer. Pour s’assurer. Etre certaine qu’elle ne faisait pas un mauvais rêve dans lequel elle aurait été seule face à des monstres. Mais ils étaient bien là, à ses côtés. Ils lui souriaient de temps en temps. Ils trouvaient la force de le faire. Pourtant, eux aussi sûrement étaient terrifiés.

Moi, je me souviens que je l’étais. J’avais 15 ans. J’étais bien plus grand que cette petite fille haute comme trois pommes. Je n’arrivais pas à détourner le regard de son visage. Elle semblait chercher des réponses dans tous ses visages si hauts au-dessus d’elle. Personne ne va me faire de mal ? Dis-le-moi ! Promets-le.

J’aurais aimé lui faire quelques pitreries dont j’avais le secret à l’époque. Mais je n’en avais ni la force ni le courage. Et puis, j’aurais aimé le faire avec le recul mais, à cet instant, je n’avais envie que d’une seule chose, sauter de ce bus, quitter ces gens dont je ne savais pas grand chose si ce n’est que nous avions la malchance d’habiter dans la même rue.

Je l’avais sûrement déjà croisée cette fillette. Aujourd’hui encore, je me creuse parfois la mémoire, je scrute jusqu’aux tréfonds de mon pauvre vieux cerveau pour essayer de la retrouver gaie, souriante, courant dans les rues de ma jeunesse. Je ne vois rien. Je ne retrouve rien que ses grands yeux noirs qui me fixent pour que je la rassure.

Je suis vieux désormais. 70 ans ont passé. Mais je n’ai jamais oublié cette petite fille avec laquelle j’ai partagé un bus en ce mois de juillet 1942. C’était un jeudi. Jour des enfants, jour sans école. Quelle ironie ! Ce jeudi-là, j’ai quitté l’enfance à tout jamais. J’ai grandi très vite. Trop vite. J’ai découvert ce qui pouvait arriver de pire aux hommes. J’ai vu ce que les hommes pouvaient faire à d’autres hommes quand ils ne les considérait plus comme tel.

Elle, elle n’aura jamais grandi très probablement.

Ce « vent printanier » comme ils l’ont appelé, l’a emportée à tout jamais.