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Acte I, scène 1

Elle était drôle cette photo choisie par Leil.

Alors qu’elle ne l’est pas, curieusement, elle m’a fait penser à une pièce classique. Toute ressemblance avec Les Caprices de Marianne de Musset n’est donc pas fortuite.

©Kot

– Giovanni, descends !

– Faudrait savoir ce que tu veux !

– Je veux que tu descendes.

– D’accord mais, ne viens pas pleurer si je la manque.

– Tu arriveras à la voir même si tu n’es pas perché à ce réverbère :  elle n’est pas minuscule. Et puis, je doute qu’elle apprécie de se faire remarquer par un énergumène suspendu au-dessus du sol.

– Dis-moi, tu as l’air de bien la connaître pour quelqu’un qui ne veut pas lui parler…

– Je sais qu’elle est discrète, belle, élégante. Je sais aussi qu’elle ne m’a jamais vu, jamais adressé un mot pas plus qu’un regard. Je sais que jamais je ne pourrai lui dire ce que je ressens.

– C’est là que j’interviens !

– C’est ça. Mais, vu la technique adoptée aujourd’hui, je doute que ce soit la bonne solution.

– Arrête, les femmes je les connais ! Ta Marie-Anne ne fera pas exception. Giovanni connais les femmes. Marie-Anne est une femme. Donc… je te laisse deviner la fin. Je lui parlerai à ta place. Je lui devoilerai ton coeur et nous conviendrons d’un rendez-vous. Son mari n’en saura rien.

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