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Qui a vu le loup ?

Voilà un album très drôle.

Le loup marche, il marche encore. Soudain, il s’arrête : il a entendu un bruit ! Il a vu quelqu’un !!!

Il se met alors face au lecteur car c’est lui qu’il a vu et qui le fait partir en courant pour se réfugier dans les bras de sa maman qui le rassure : « ce n’est pas méchant un enfant ».

Sur fond blanc, seul le loup est représenté. Sa stupéfaction a la vue de Loulou qui le regarde est très drôle.

Pour une fois, le loup a un rôle positif et sympathique !

Album publié à L’école des loisirs dans la collection « Loulou et cie ».

Merci Florence pour le cadeau !

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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants

Voilà le roman dévoré ce week-end.

Je l’ai choisi pour le titre que je trouvais mystérieux, poétique. J’avoue que j’avais préféré ne pas me renseigner sur l’histoire.

Nous voilà sur les pas de Michel-Ange. Déçu par l’attitude du pape Jules II, il répond à une demande du sultan de Constantinople. Il lui faut imaginer un pont qui enjambera la Corne d’or. Michel-Ange est sculpteur, peintre et poète : il n’est pas architecte mais, plusieurs éléments se mêlent pour le pousser à répondre à ce défi.

D’abord, Léonard de Vinci a échoué. Il a certes imaginé un pont mais il s’agit seulement d’une prouesses technique et non artistique qui n’a pas séduit le sultan. Michel-Ange a très envie de dépasser ce rival.

Ensuite, sa découverte de l’Orient (ses lumières, ses parfums, ses paysages) est une véritable révélation qui l’entraînera bien plus loin qu’il n’aurait pu l’imaginer.

On suit donc l’artiste dans ses rêveries, ses emportements, ses petites manies quotidiennes.

Ceux qui l’entourent sont tout à la fois, amis, espions, méfiants, séduits.

L’écriture de ce roman est belle, simple. Elle recourt aux images tout en légèreté. Elle nous transporte en d’autres lieux, à une autre époque et, pourtant, tout semble si proche.

Cette oeuvre est aussi une réflexion sur la création. Michel-Ange, sous des allures de liberté, se révèle esclave des puissants. Les images dont il s’ennivre en Orient nourriront ses oeuvres futures et Mathias Enard fait surgir des éclats des futures fresques de la chapelle Sixtine.

A la dernière page du roman, l’auteur dévoile les faits, objets, lettres totalement réels et véridiques qui l’ont inspiré. On est alors pris de vertige devant ce qu’il a créé. Il est parvenu à lier totalement des événements si infimes soient-ils pour imaginer cette fiction. Mathias Enard a su bâtir les ponts entre réel et imaginaire.

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Bravissimo !

Voilà un chouette projet ! Deux artistes ont mis en couleur 34 maisons d’une favela de Rio. Ils ont totalement intégré la population et les habitants qui ont participé à ce travail ont reçu une formation et un salaire.

Les artistes aimeraient réunir suffisamment de fonds pour pouvoir poursuivre et étendre cette véritable oeuvre d’art.

Retrouvez-les ici.

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Air du temps

Ca y est, le soleil des derniers jours a laissé place à la nouvelle saison.

L’été s’est accroché encore un peu mais, les nouvelles couleurs, le changement de luminosité, les premières feuilles à joncher le jardin sont autant d’indices… L’automne est là !

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Contre-pied

Après la question existentielle de l’été : « Petit ours brun serait-il macho ?« 

Voici une réponse d’automne.

Dans le tout nouveau numéro de Popi (n°290, octobre 2010), on retrouve les aventures de Marcel. J’aime bien ce petit garçon qui se promène partout avec son drôle de doudou Bugomiel.

Dans le récit de ce mois-ci, « les petits bruits du soir », Marcel écoute les petits bruits de la maison. Oh, surprise, il entend papa qui prépare le repas, papa (encore lui) qui répond au téléphone. On est bien loin du papa de Petit ours brun qui fait la sieste ou lit le journal.

Tout à coup, Marcel entend un bruit qu’il adore : une voiture qui se gare ! Et là, c’est maman qui rentre, toute jolie et pimpante, pour retrouver ses chéris… et le repas qui est prêt !

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Photo-Photo

J’avais beaucoup aimé La reine du silence de Marie Nimier. Ici, c’est le point de départ du récit qui m’a donné envie de lire ce « roman ».

A l’occasion de la rentrée littéraire 2009, Paris-Match a demandé à Karl Lagerfeld de photographier quelques romanciers. Marie Nimier en fait partie. Sa rencontre avec l’univers du créateur est troublante tout autant que l’échange qu’elle aura avec lui. Il lui apprend qu’elle a un sosie qui est masseuse et psychologue aux Thermes de Caracalla à Baden-Baden.

Et voilà la narration enclenchée. A la suite de cette photo, l’auteur reçoit une lettre étrange écrite par une mamie parisienne fan du grand Karl, elle devient l’héroïne de deux ados qui adorent la publicité de Karl pour la sécurité routière, elle fait la rencontre d’un ophtalmo qui a les plus beaux yeux de Paris et, elle part rencontrer son double à Baden-Baden.

Derrière une intrigue amusante, étonnante, se cache un roman à tiroirs construit sur la dualité. Tout y double : les amants, les artistes, les yeux se voient chaussés de lunettes pour ne plus voir double. Les noms eux-mêmes se mettent à se refléter : Baden-Baden, photo-photo…

C’est aussi un roman sur la perte, sur la souffrance et les chagrins qui ne disparaissent pas.

Roman qui se construit sous nos yeux avec les doutes de l’auteur, les critiques d’un lecteur.

Je l’ai vraiment beaucoup aimé.