Syngué sabour

« Syngué sabour : n.f. (du perse syngue « pierre », et sabour « patiente »). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s’agit d’une pierre magique que l’on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères… On lui confie tout ce que l’on n’ose pas révéler aux autres… El la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu’à ce qu’un beau jour elle éclate… Et ce jour-là on est délivré. »

La pierre de patience est ici le mari d’une Afghane. Blessé, il ne réagit à rien. Elle, elle lui prodigue tous les soins nécessaires, prie jusqu’à n’en plus pouvoir. Elle se met alors à lui parler de ce qu’elle a vécu avant de le connaître, de leur union, de sa vie, de ses douleurs de femme. Son discours, parfois proche de la folie, est brutal. Elle y dévoile la dureté de la condition féminine en Afghanistan. Objet, vouée à la procréation, elle doit se taire. Elle parle donc à ce corps inerte en espérant être délivrée.

Je pense qu’on reste longtemps marqué par cette lecture surtout à l’heure où l’on essaie de sauver une femme de la lapidation.

Publicités

Une réflexion sur “Syngué sabour

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s