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Laurent Terzieff

J’avais eu l’occasion de l’écouter dire des poèmes dans Florilège, un spectacle magnifique, en 2005.

Seul sur la scène de ce petit théâtre, il disait les mots d’Adamov, Hölderlin, Rilke, Cendrars, Heine, Goethe, Neruda, Poe, Desnos et Aragon.

Il était seul et pourtant la scène était pleine, il était seul et pourtant le décor se créait derrière lui, la musique se faisait entendre.

Je me souviens qu’au moment des applaudissements, lui qui était apparu immense sur scène, sûr de lui, semblait tout à coup fragile et comme gêné d’être là devant nous.

Je me souviens du bonheur immense de ce spectacle.

Je suis un peu triste ce soir.

« La poésie fait parole de ce qui, avant elle, ne l’était pas, et qui par elle le devient.

Parole de ce qui avant elle et sans elle, ne saurait être dit. »

Laurent Terzieff